Identité et économie sociale conjugués chez Appartenance Mauricie

22
jun
C’est au cours d’un échange aux abords de la rivière St-Maurice, que Mario Lachance, président d’Appartenance Mauricie société d’histoire régionale, nous a fait naviguer entre identité et économie sociale. Tout simplement, un vendredi matin de juin, on a jasé racines, concertation, développement. Portrait d’un organisme qui a le vent dans les voiles.
 
Monsieur Lachance sait de quoi il parle, lui qui est à la présidence de l’organisme depuis sa fondation, en juin 1995. Il a travaillé à faire connaître l’histoire de la Mauricie à travers différents projets, puis a vu émerger un deuxième volet pour son organisation : celui de donner de l’emploi à de jeunes diplômés universitaires. La liste de ses «finissants» est longue et on ressent sa fierté d’avoir pu être un levier pour la rétention de la main-d’œuvre en région.
 
Rapidement, il en vient à la question identitaire. «Pour nous, l’identité est vue par l’étude du passé, par la mise en valeur de notre histoire. Pour mieux se connaître en tant que collectivité, on doit se demander : Qui on est ? D’où est-ce qu’on vient ? Cette connaissance nous permet de mieux nous situer dans le présent et de mieux orienter notre avenir», dixit cet historien passionné. Pour lui, l’identité mauricienne s’articule autour d’un tronc commun; la rivière St-Maurice. Des amérindiens à l’exploitation forestière, en passant par la traite des fourrures et le développement touristique, la Mauricie est une terre d’eau, de racines.
 
«Ce qui nous caractérise mauriciens, mauriciennes, c’est d’abord l’audace. Défricheurs, explorateurs, ça fait partie de notre ADN. Mais aussi l’innovation, notamment au plan industriel, maintenant avec le DigiHub. Puis, persévérance et ténacité. Des mots qui caractérisent notre région. On veut que les gens soient fiers de leurs racines, de leur histoire. Pour une fierté qui donne confiance aux gens, qui permettent de donner confiance en l’avenir et de le voir autrement », énonce M. Lachance. On ne pouvait rêver de propos plus justes pour planter la discussion.
 
Et quelle est la place de l’économie sociale dans tout ça? Là encore, le président ne tarit pas de commentaires : « L’économie sociale a donné une autre énergie à notre organisation. » Il y a huit ans, les projets de l’organisme étaient de plus en plus ambitieux et les bénévoles peinaient à tout supporter. Vient l’idée de se développer différemment. «On a créé des emplois, réalisé des publications qui ont apporté des revenus, qui ont permis de créer d’autres emplois. C’est une roue qui tourne dans le bon sens.»
 
« On gère notre organisme en fonction d’aller chercher des revenus. Et c’est important d’avoir cette pensée-là. Ce n’est pas parce qu’on est un organisme en histoire et en culture, qu’on ne doit pas penser profit, investissements. On dirait qu’avant, culture et économie, c’était opposé. On avait peur de parler d’argent. Ça change et avec raison. On se professionnalise. On est très fier du double mandat de la mise en valeur du patrimoine et de l’économie sociale. On est un moteur économique, à notre dimension.», explique-t-il.
 
Et le moteur tourne avec effervescence, les projets étant pluriels : un projet de publication en alliance avec Patrimoine Trois-Rivières et le Port de Trois-Rivières, une revue avec la Société d’histoire du Cap-de-la-Madeleine et toujours ces calendriers maintenant reconnus en dehors des frontières de la région. Tout cela ne se fait pas seul : «Moi je crois beaucoup à la concertation, à la collaboration parce que tout le monde est gagnant. On sent une effervescence dans la mise en valeur du patrimoine en Mauricie. Un vent souffle sur la région. Plusieurs intervenants mettent l’épaule à la roue et ça c’est très valorisant et stimulant», expose M. Lachance, en guise de conclusion.
 
Parions qu’Appartenance Mauricie saura surfer sur ce vent avec ingéniosité et dynamisme, comme l’ont fait nos ancêtres sur les billots de la St-Mauricie. Une roue qui tourne, disait-t-on.