Les baby-boomers et la génération «Y», un beau casse-tête !

17
avr

La société voit les baby-boomers comme étant trop sérieux et rigoureux. Ma génération est vue comme étant impatiente et égocentrique. Peu importe la façon dont la société voit les générations, je peux dire qu’on ne pourrait pas autant évoluer les uns sans les autres. Cette réflexion m’amène aux nombreuses discussions que j’ai eu avec mes boomers concernant mon futur. Ça l’air qu’on ne voyait pas ça de la même façon…

Une vision différente du 9 à 5

Je me souviens que du haut de mes 8 ans, je disais que je voulais devenir professeur, probablement parce que c’était mon jeu préféré… Mes parents devaient être fiers que j’aie choisi un métier stable avec un bon fonds de pension. Par contre, une fois venu le moment crucial de choisir ce que j’allais bien pouvoir faire de ma vie, l’idée d’aller en communication m’a semblé assez évidente, puisque j’adorais tout ce qui touchait à l’événementiel, la publicité et les médias sociaux. Mes parents avaient de la difficulté à comprendre ce qu’on pouvait bien faire avec un bac en communication (et encore aujourd’hui haha), mais je vais toujours me souvenir de ce qu’ils m’ont dit au moment où je leur ai annoncé mon choix de carrière : «Ma fille, le plus important, c’est que tu choisisses quelque chose que tu aimes et qui te passionne.» Je crois que ce message voulait surtout me dire de profiter de la chance que nous avons, la génération « Y », de choisir le métier qui nous allume et qui nous rend heureux. Tout ça m’a amené à faire mon stage universitaire au sein du Pôle d’économie sociale de la Mauricie. 

Un stage en économie sociale

Lorsque j’ai appliqué pour le poste de stagiaire au Pôle, je ne connaissais absolument rien de l’économie sociale et encore moins de ses caractéristiques. Pourtant, je me suis rendue compte qu’elle faisait partie de ma vie depuis que j’étais jeune. Par exemple, j’ai souvent visité le Zoo de Granby dans mon enfance, j’ai acheté la majorité de mes livres d’école à la Coopsco Trois-Rivières et j’utilise ma carte de débit Desjardins à tous les jours. Sans m’en rendre compte, je participe au mouvement et j’encourage des entreprises collectives qui travaillent d’arrache-pied pour offrir un service à la hauteur de leur mission et de leurs valeurs. 

Je me rends compte que la génération « Y » est de plus en plus touchée par les valeurs partagées en économie sociale, telles que la coopération entre les membres, l’entraide, le partage et l’importance de l’achat local. Même s’il y a un bon bout de chemin qui a été fait pour éveiller les entreprises à l’impact social et environnemental qu’elles peuvent avoir dans leurs communautés, les futurs dirigeants de ce monde – autrement dit, nous les « Y » – doivent prendre connaissance des différentes possibilités qui leur sont offertes. Je m’explique. Il y a plusieurs formes juridiques qui existent pour démarrer son projet d’affaires. Et, dans mon petit parcours de 4 mois au Pôle, j’ai découvert une belle palette de modèles entrepreneuriaux qui ont tous leurs particularités. En effet, j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs promoteurs inspirants qui vivent l’entrepreneuriat collectif à leur façon. Ceux-ci m’ont raconté plusieurs histoires impliquant les raisons du démarrage de leur entreprise et j’ai compris que le plus important, c’est de choisir non seulement un projet qui nous passionne, mais aussi de choisir la forme juridique qui va dans le même sens que nos valeurs.

Et pour la suite ?

Pour les années à venir, je suis persuadée que les jeunes auront besoin de mentors pour les soutenir dans le développement de leur entreprise. Selon un sondage mené par la firme Léger Marketing pour le compte du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, un millénial sur deux (54%) souhaite démarrer sa propre entreprise. Quand je disais que les deux générations se complètent mieux qu’on le croit, c’est un peu là où je voulais en venir. Nous resterons toujours liés les uns aux autres pour mieux avancer et ne pas répéter les erreurs qui ont pu être faites dans le passé. Cette envie d’entreprendre et de changer les choses nous vient certainement de ceux qui l’ont compris bien avant nous. La relève est prête à accomplir de nouveaux défis et à répondre aux besoins des collectivités. Croyez-moi! 

Je souhaiterais dire merci à tous ces boomers qui m’ont tellement appris sur la vie en général et à qui aujourd’hui je ne cesse de dire « oui, tu avais bien raison ! ». En ce qui me concerne, je ne saurais vous dire où je me trouverai dans quelques années, mais je retiens que mon impatience, mon égocentrisme et mon travail acharné me mèneront loin ; tout comme d’autres « Y » avec qui je partage ces traits…

Laissons les baby-boomers nous ramener un peu sur terre et amenons-les un peu plus dans les nuages!

Justine Lacharité est stagiaire au Pôle d'économie sociale de la Mauricie depuis janvier 2018 et étudiante finissante en communication sociale à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Rayon de soleil de nos journées, elle est notre 'kip-pin' du web et experte du multi-tâches.