Quand le culturel flirte avec l’économie sociale

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13 juin 2017. Éric Lord, président du Réseau des conseils régionaux de la culture du Québec et directeur-général de Culture Mauricie, s’adresse aux 200 personnes réunies pour le Forum Défis communs, Solutions collectives du Chantier de l’économie sociale. Il appelle à un mariage entre l’économie sociale et le milieu de la culture. Ça nous allume, on s’emballe. On est comme ça; on aime les gens avec de la vision. Entrevue avec un homme qui réfléchit l’avenir.
 
 
« La vision c’est une manière d’être, de se projeter vers l’avenir. Une façon de mobiliser des gens vers des objectifs communs. » Ainsi débute notre conversation téléphonique, mettant de fait rapidement la table pour la suite : j’ai affaire à un homme réfléchi, visionnaire. Mais au-delà du concept, comment s’articule la vision dans le quotidien ? «Mon rôle est de porter le regard plus loin, d’amener la réflexion par en avant pour voir où peut aller mon organisation, ce qu’on peut faire de différent pour actualiser nos pratiques et anticiper les besoins de notre milieu.» Un travail de longue haleine, donc.
 

Chaque action; le résultat d’une réflexion collective

On ne naît pas un jour visionnaire, ça demande du flair mais également du travail, nous explique M. Lord. « Comme organisation, on fait toujours une veille permanente sur les bonnes pratiques. Ça nous permet de nous inspirer, de voir venir les tendances. Nos projets qui, à terme, aboutissent, sont toujours le résultat d’une réflexion en amont. » Et les projets qui aboutissent, pour utiliser ce terme, ne manquent pas : Les paysages coups de cœur en Mauricie, Matière jaune- Guides de soutien à la relève artistique en Mauricie, le Forum Génération Culture et Culture INC2, petit dernier en liste qui traitait de l’innovation numérique en commercialisation culturelle. Un événement de haut niveau qui a réuni bon nombre de penseurs de la culture en juin dernier.
 
On dit souvent que pour élever un enfant, ça prend un village. Et pour réaliser un évènement d’une telle ampleur, ça prend une équipe, explique notre protagoniste. « À chaque semaine, on a une rencontre d’équipe et l’objectif est que tout le monde ait une vision globale de l’organisation. Toujours pour miser sur l’intelligence collective. On est toujours à la recherche de LA bonne idée. On part donc de la vision première pour définir des indicateurs quantifiables, mesurables. » Réfléchi, je vous disais.
 

Vers un mariage entre l’économie sociale et le milieu culturel

Retour à cette fameuse allocution de juin, pour le Chantier de l’économie sociale. M. Lord rappelle : « ce que j’ai souligné à Shawinigan, c’est que la culture a besoin de beaucoup de partenaires pour se développer et l’économie sociale est un de ces partenaires qui permet à la culture de prendre son envol. C’est une parenté naturelle car l’économie sociale c’est comme une manière de voir le développement et cette manière-là est très près du secteur culturel, de ses valeurs et manières de faire.»
 
Mais peut-on aller plus loin dans cette association? « Sûr! », répond-t-il d’emblée. « Ce qui est important c’est de faire un rapprochement entre les deux secteurs d’activités, voire même des activités communes, notamment au niveau des outils financiers pour le milieu culturel. Il y aurait des éléments qu’on pourrait travailler ensemble, qui pourrait se concrétiser par des séances d’informations qui pourraient faire en sorte que les gens de la culture connaissent mieux l’économie sociale et les outils qui y sont rattachés. » Une proposition qui nous allume. L’avenir s’annonce beau pour les Conseils de la culture et l’économie sociale. Alors, on envoie les faire-part?