Quand tricoter rime avec namasté

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En pleine canicule du mois de juillet, je trouve ça assez particulier de me trouver dans un endroit qui me fait penser à l'hiver, au «comfort food» et aux chocolats chauds extra guimauves qu’on boit au bord du feu. Ne sachant pas trop à quoi m'attendre, j'ai eu la chance de découvrir ce petit coin de paradis méconnu et coloré par les centaines de balles de laine soigneusement placées dans chacune des étagères. Dès mon entrée dans la boutique, j'ai senti que je me trouvais dans un endroit paisible qui nous permet de prendre le temps et de respirer un peu. C'est sur l'un des fauteuils vintage de la boutique que Zoée Brière et moi avons discuté de tout et de rien, mais surtout de tricot et de ses bienfaits sur l'être humain.

Pompon Laine Café est né en 2015 d'un concours de circonstance par trois jeunes femmes passionnées: Zoée Brière, Geneviève Raymond et Christine Dubois. Zoée travaillait à l'époque dans une boutique de laine située à Nicolet et Geneviève était d’une part sa cliente et ensuite sa remplaçante pour un congé de maternité. Lors de ce temps d'arrêt, Zoée a reçu un appel lui proposant de faire l'achat de la boutique de laine pour laquelle elle travaillait. Un peu surprise de la nouvelle, elle ne se voyait pas porter un aussi gros projet à elle seule... C'est en s'associant avec Geneviève et sa voisine Christine que deux mois plus tard, elles ont ouvert leur entreprise au centre-ville de Trois-Rivières. Cette école d’arts textiles vous permet non seulement de suivre des cours de tricot, de crochet, de tissage, de filage et de fabrication de feutres, mais aussi de profiter de l’espace pour prendre un bon café en toute convivialité. Les cours sont ouverts autant aux débutants qu’aux meilleures tricoteuses de ce monde! Ce qu’elles souhaitent par-dessus tout, c’est de faire vivre des beaux moments à leurs clientes et que celles-ci en ressortent complètement zen et accomplies.

Le mode COOP, un choix évident!

Pour les propriétaires, être en mode COOP a toujours été une évidence, même qu’elles n’ont jamais vraiment considéré une autre option. «Les valeurs du collectif sont très importantes pour nous et au quotidien, ça prend tout son sens.» énonce-t-elle. «Avant de prendre des décisions par rapport à des offres ou de nouveaux projets, on se consulte toujours. De cette façon, ça nous permet de prendre du recul et de faire de meilleurs choix.» Même si ce mode de pensée n’est pas compris par tout le monde, les propriétaires préfèrent suivre leurs valeurs et diminuer le plus possible les malentendus. «Depuis que nous sommes dans le mouvement de l’économie sociale, on remarque davantage les entreprises qui en font partie et nous voulons encore plus les encourager, car on comprend leur réalité.»

Le tricot, le nouveau yoga

À la base, on connait le tricot surtout comme étant un passe-temps, un loisir ou une passion. Je pense particulièrement à ma grand-maman d’amour qui m’a fait un nombre hallucinant de paires des pantoufles et de torchons de cuisine pour passer le temps et faire plaisir à ses proches.

J’ai été assez surprise lorsque Zoée m’a fait part que plusieurs clientes venaient à la boutique parce qu’elles se l’étaient fait conseiller suite à une dépression ou un épuisement professionnel. Il existe même plusieurs articles sur le web qui soulèvent les bienfaits du tricot sur le stress et la détente. «Moi, Geneviève et Christine ne somment pas vraiment des personnes anxieuses à la base. Cependant, au quotidien, on n’a pas le choix d’assimiler que le tricot, c’est fait pour relaxer et diminuer l’anxiété pour plusieurs de nos clientes.» explique-t-elle. «Certaines personnes disent même que c’est plus facile de décrocher et de méditer en tricotant qu’en faisant du yoga, parce que tu réalises quelque chose qui est physique et c’est gratifiant.» Zoée m’expliquait que lorsqu’elle donne des cours, elle doit souvent rappeler à ses clientes de ne pas se stresser si le projet en cours n’est pas exactement comme le modèle et que c’est correct de faire des erreurs. L’entrepreneure constate que le défi de lâcher-prise est très difficile et qu’il faut davantage le travailler en atelier. Être dans une société de performance, de rapidité et de perfection n’est pas évident pour personne et plus souvent qu’autrement, on retrouve ses habitudes dans plusieurs facettes de nos vies. C’est ici qu’il devient important de garder l’équilibre et de s’écouter quand on a besoin de temps pour soi.

L’économie sociale : un futur prometteur

Fière ambassadrice de l’économie sociale, Zoée Brière voit pour le futur une croissance des entreprises d’économie sociale et une conscientisation du nouveau modèle d’affaires qui propose entre autres de prendre soin de ses employés et d’offrir des conditions gagnantes. «Je crois aussi que de travailler davantage avec des entrepreneurs locaux est tout en notre avantage pour un avenir prometteur.» affirme-t-elle. Tout plein de beaux projets à venir pour ces trois jeunes femmes inspirantes, gardez l’œil ouvert! 

 

Crédit photo : Étienne Boisvert Photographe​