La Coopérative Enfant Nature

08
fév

Au cœur d’une passionnée

La Coopérative Enfant Nature

Je suis fascinée par tous ces humains derrière, devant, en dessous, bref au milieu des entreprises d’économie sociale, qui, à coup de passion, de travail et de collaboration font naître et grandir ces p’tits bijoux d’organisations.

Aujourd’hui, découvrons ensemble Sylvie Gervais, fondatrice de la Coopérative Enfant Nature de Shawinigan.

 Reconnecter les enfants à la nature par le biais d’une nouvelle approche éducative expérientielle en plein air.

Avouer que ça fait rêver comme mission d’entreprise. Et ce rêve, Sylvie Gervais l’a porté en elle depuis plus de six ans.

En 2014, alors qu’elle est bien installée dans sa vie et sa carrière, elle propose à deux professeurs de l’UQTR d’expérimenter le concept de « Forest school » au Québec. L’année suivante, on assiste à la naissance de la Coop qui aujourd’hui déploie ses ailes bien haut, supportée par les partenaires du milieu, la ville de Shawinigan et bien sûr les sept membres qui la composent.

La Coopérative Enfant Nature a d’ailleurs remporté le prix économie sociale au Gala distinction Desjardins de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan en décembre dernier. Et ce n’est pas pour rien. Le modèle d’affaires est unique et c’est un exemple pour tout le Québec. Nous pouvons donc être un tout petit peu chauvins et surtout, en être collectivement très fiers.

La Coopérative offre une nouvelle approche éducative s’adressant aux enfants de 2 à 8 ans.  On parle d’une approche expérientielle en nature. Et Sylvie vous dirait que la nature bien elle se trouve en ville aussi. On a toujours accès à un parc, un morceau de verdure, une flaque d’eau ou une craque avec des fourmis pour expérimenter. Donc pas d’excuse, on peut le faire. Dans le fond, il suffit d’ouvrir ses yeux et son cœur.

D’ailleurs c’est dans le cœur de Sylvie que le déclic s’est fait alors qu’elle ne s’y attendait pas. Ce bout de phrase qui s’est mis à tourner en boucle dans sa tête : Et si reconnecter les enfants à la nature était aussi important que de la protéger ne l’a plus jamais quitté.

Avec pour baluchon un désir plus grand que nature de changer les choses, elle est allée parfaire son parcours en Écosse en pédagogie Nature avec Claire Warden, tout en créant son laboratoire vivant avec deux chercheurs de l’UQTR.  Elle s’est entourée de gens aussi passionnés et motivés qu’elle et a acheté de son propre chef, 10 kits plein-air enfants, une tente et tout le matériel nécessaire pour démarrer.

Aujourd’hui, ce sont plus de 2500 enfants qui ont bénéficié de cette approche pédagogique unique et 120 intervenants qui ont été formés. Et ce, sans compter le grand nombre de parents qui ont été contaminés aussi. Parce que l’idée derrière tout ça, bien sûr, est que cette reconnexion avec la nature se poursuive à l’extérieur du cadre de la Coopérative. Au Centre de services scolaire de l’Énergie, l’ensemble des enseignant.e.s de maternelle a bénéficié de cette formation.

Pour Sylvie, il était également primordial de concrétiser ce rêve sous forme de coopérative de solidarité, afin de le démocratiser et de rendre accessible à tous et toutes l’éducation en plein air.

Des satellites de la Coopérative sont déjà en place ailleurs au Québec et ce n’est assurément qu’un début. La Coopérative Enfant Nature souhaite maintenant que le gouvernement s’implique afin de rendre accessible ces formations de qualité partout au Québec. Que tous les parents puissent aussi être rejoints. Finalement, que comme société, nous prenions collectivement un virage nature, un virage qui bouge.

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